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2016-05-07, 13:04



ft. côme
&
exulansis
Il ne pleuvait pas mais même s'il avait été trempé jusqu'aux os, il aurait eu froid. C'était de la glace intrinsèque, de celle qui brûle parce qu'elle n'a pas à être en contact avec de la peau et des os, de celle qui fait bien plus que glacer -qui paralyse, sûrement. Il ne réfléchissait plus, Alex ; il ne pouvait plus. Il ne pouvait plus.
Alors il courrait comme lui seul savait le faire, avec un rythme décharné mais tout de même présent et ses pieds qui martelaient le sol comme s'il était en colère contre le monde entier -comme s'il voulait suffisamment se faire mal et tout rendre acceptable. Et la glace coulait aussi à l'extérieur de son corps ; elle sortait par les pores de son corps et rendait ses membres tremblants, pleurants, étranger mais pas assez et oh, il voulait se désaxer s'immoler -mais il courrait. Il courrait et il avait aussi cette glace sur la langue et dans ses yeux trop gris dans ses muscles trop amaigris ; peut-être qu'on le voyait enfin à l'extérieur comme il était tout au fond. Passif, presque fantomatique mais avec cette présence -celle qui griffe, celle qu'on ne veut pas avoir sur la conscience mais qu'on ne peut pas supprimer et oh.
Il n'a jamais autant voulu ne pas être en vie.
Quelle tristesse -mais il court. Il court et il grimpe et il s'essuie les yeux manque de glisser ; ses actions sont floues même pour lui et il ne sait pas vraiment pourquoi il va là-bas mais oh, il y va, implacable vérité, il s'écorche ses ongles nus sur tes pierres et saigne, sûrement, mais qu'est-ce que quelques gouttes de sang au milieu de ses larmes. Il pleure, Alex, doucement, et chacune d'entre elle tue un peu plus Somnifère -tu sais, tout vole en éclat parce qu'il n'a jamais vraiment accepté et
Il tape sur ta fenêtre ; il n'a pas de patience et il a l'énergie des désespérés, peut-être qu'il compte la briser rien qu'à la force de ses poings mais il donne des coups de poings et il ne sait pas pourquoi toi -il ne veut pas voir ton visage ni même tes yeux et tes allures trop soignées, il veut une main à emmener là-bas au loin, quelqu'un à qui tout dire parce que oh, c'est devenu trop lourd. Trop lourd pour lui. Trop lourd tout court.
Alors viens, s'il te plaît et oh, ne parle pas. Ne parle pas -ce n'est pas assez, ça fait trop mal et il n'y a pas de réponse ; Alex, Alex n'a pas besoin de tout ça.
((seulement de toi))




ACCISMUS
&
ANOESIS

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2016-05-07, 15:00
Ton temps, Côme, a toujours été soigneusement agencé. Tu divises les heures avec précision, t'astreint à un planning rigide, ne te perd jamais en futilités. Rien n'est jamais superflu, avec toi. Tu contrôles tout, tu veux tout maîtriser ; tu ne supportes pas quelque chose t'échappe. Car la moindre chose que tu ne plannifies peut vide se transformer en incident, en tempête à même de te balayer. Tu te méfie de l'imprévu. C'est dans ta nature. Un rendez-vous le matin, ça veut dire que tu peux en insérer un second entre midi. Et peut-être un troisième dans l'après-midi ; mais aujourd'hui, tu ne l'as pas fait. Tu as des courriers à rédiger, cet après-midi, d'où le fait que tu t'es conservé un peu de temps libre. Sans savoir à quel point tu as bien fait.
Peut-être que, depuis cette rencontre, tu laisses progressivement les choses t'échapper.
Tu laisses la place à l'imprévisible.
Mais peut-être t'épuises-tu un peu à adopter un rythme qui n'est pas le tien. Tu travailles dur, mais jamais trop. Jamais au point de ne plus avoir assez de force pour te lever d'un bond le matin. Jamais au point d'attendre toute la journée que le sommeil puisse avoir le droit de te cueillir. Tu travailles un peu trop, Côme. Comme si tu voulais échapper à tes pensées. A tes pensées le concernant, évidemment. Parce que tu ne comprends pas grand-chose ; tu trouves cela absurde, d'être plongé dans ta routine quotidienne, de plannifier tes actions, et de tout à coup penser à lui. Encore plus d'avoir bêtement envie de sourire lorsque tu lis le prénom « Alex » ou un de ses dérivés. Ressaisis-toi, Côme. Tu songes trop souvent à lui, alors que tu n'attends rien de lui. Tu ne sais pas quand il reviendra ; tu sais juste que c'est à toi de patienter. Et il va sans dire que tu détestes cela.
Il n'est pas loin de quinze heures quand tu rentres chez toi. Tu te souviens de la dernière fois qu'il est venu : c'était aussi assez tôt dans la journée. Un peu plus tôt, peut-être. Et puis, tu as déjà mangé, après t'être fait inviter par un client. Tu ne t'es pas privé concernant ton choix de menu, tout en refusant d'imposer à ton hôte de trop lourdes dépenses. Un juste milieu - comme l'attitude que tu revendiques. Ce sera une affaire difficile ; tu le sais ; et peu importe, dans le fond, car tu as conscience des risques que tu encourres, et tu es prêt à les assumer. L'affaire est si importante que ce n'est plus Alex qui préoccupe tes pensées, en cet instant.
Tu desserres un peu ton col, ôte ta veste en la posant soigneusement sur le cintre du placard de ton hall ; il faudra que tu te changes, à un moment, mais pour l'instant, telle n'est pas ta priorité. De toute façon, ce costume, tu dois le laver, tu peux donc te permettre de le froisser un peu. Après avoir trié rapidement le courrier que tu as reçu et conservé un tiers des enveloppes, tu vas chercher ton ordinateur et attends qu'il s'allume, fixant l'écran d'un air morne. Rien que de penser à cet après-midi, cela te donne mal à la tête. Tu détestes écrire des lettres ou des mails. Les formuler n'est pas malaisé. Non, ce qui te dérange, c'est que tu as trop de temps pour y réfléchir, et tu te perds vite en circonvolutions. Tu devrais faire comme les devoirs sur table, et les rédiger en temps limité. Tu y arriverais très bien, d'ailleurs.
Tu n'as cependant pas le temps de commencer la rédaction qu'un bruit t'interpelle. Tu sens ton cœur t'emballer ; quelqu'un qui tape à ta fenêtre, c'est forcément lui. Personne d'autre n'aurait le courage de grimper plusieurs étages par l'extérieur. Tu te surprends à tout lâcher pour aller voir ; trop heureux de trouver une excuse.
Mais c'est une vision d'un Somnifère abattu qui se présente à toi.
Tu te sens faible ; tu vois les larmes couler le long de ses joues, et tu le trouves encore plus maigre que d'habitude - est-ce sa vulnérabilité soudaine qui t'effraie, qui te fait prendre conscience des lacunes de son corps ? -, comme s'il n'avait jamais été aussi mal en point devant toi. Ce n'est que la troisième fois que tu le vois, mais tu t'es habitué à lui ; tu l'apprécies déjà trop (si tu savais que tu l'aimais déjà, Côme). Et tu lui ouvres ta fenêtre, comme tu voudrais lui ouvrir les portes de ton cœur.
« Bonjour. » : lances-tu d'une voix douce, hésitante.
Tu ne lui demandes pas si ça va. Il est évident que non. Mais tu ne le forces pas à te le dire : c'est à lui de t'en parler. Tu as compris qu'il ne servait à rien de le brusquer ; tout ce que tu peux faire, c'est attendre. Encore et toujours. Tu ne fais que cela, avec lui. Et tu ne comprends pas trop pourquoi ça ne te dérange pas. Si tu peux être l'homme sur qui il saura se reposer au besoin, alors l'immobilité te convient parfaitement. Tu n'as pas besoin de lui de cette manière-là, de toute façon. Toi, tu veux juste le voir.
Et le fait qu'il se tourne vers toi alors qu'il semble sombrer dans le désespoir te touche.
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2016-05-10, 23:12



ft. côme
&
i never knew daylight could be so violent
Il se défoule contre cette vitre qui le sépare de ce qu'il veut contre cette vitre qu'il aurait pu briser en y réfléchissant à deux fois mais son cerveau ne répond plus ; peut-être qu'il est passé en mode automatique, Somnifère, mais il ne réfléchit pas et c'est ses instincts qui parlent.
Il ne répond pas à ton bonjour mais oh, pardonne-le Côme -il ne l'a peut-être même pas entendu, assommé par ses propres pensées qui n'ont plus de sens étranglé par ce qui le fait craquer par des reproches bien trop coupantes ; ce n'est la faute de personne, Côme, il y a juste des choses qu'on doit pardonner sans raison et Somnifère, Somnifère. Il t'agrippe la main et t'entraîne avec lui il te tire du bout des doigts ; il est brusque mais on sent de la douceur dans sa manière de t'accrocher la main de lier sa peau à la tienne, oh peut-être que c'est du désespoir que c'est de l'abandon que c'est des fantômes qui l'empêchent de te poignarder toi aussi -il a l'impression d'être un porte-malheur, Alex, d'être une malédiction un mauvais sort quelqu'un qu'on devrait éviter à tout prix mais dans ce cas pourquoi
est-ce qu'il vient vers toi
Mais il t'emporte avec lui, Somnifère, et il ne ferme même pas la porte quand il sort de ton appartement en trombe ; il ne te lâche pas pendant les longues minutes de marche et oh, peut-être oublie-t-il que tout le monde n'arrive pas à tenir cette distance à ce rythme mais il trace et on dirait, par sa poigne, que si jamais il faut te porter te tirer il le fera -et pour sûr, qu'il le fera, mais seulement s'il s'en rend compte et oh, ce n'est pas encore le cas. Ce n'est pas encore le cas.
Et vous y êtes. Le bâtiment est grand, fait de vitres et de pierres blanches et clairement reconnaissable ; l'hôpital. Il ne s'arrête pas devant, Somnifère, il a trop l'habitude de ces courbes arrondies et de ces fenêtres colorées -oh, parfois ça lui donne envie de gerber mais il s'avance avec cette assurance brisée et ses genoux ébranlés, sa prise toujours aussi forte mais il ne veut pas te broyer les os, Somnifère, il veut peut-être juste s'assurer que tu es là et que tu
restera
et il t'emmène avec lui, son rythme s'affaiblit.
et il monte des escaliers, jusqu'au cinquième pallier.
et il se place devant une porte, avec une énergie morte.
et il respire bruyamment, il appuie sur la poignée tout doucement.
C'est une délicatesse que peu voient, de la timidité oh des bouts d'enfance coincés dans sa gorge dans ses yeux transparents et il s'avance avec de la crainte -il t'a lâché la main, Côme, et ça ne tient qu'à toi de rentrer dans la pièce et de voir le spectacle macabre. On dirait une nature morte, si ce n'est que tout est blanc. Les murs sont opalescents ; les fleurs sont liliales ; les draps sont lactescents ; l'air même est éthéré ; sa peau est crayeuse et la perfusion est opaline -il n'y a pas de couleurs, ici, et les cheveux blancs de Somnifère ressemblent à un écho de toute cette monochromie.
Il a la mâchoire serrée, Alex, et il se tient au bout du lit oh il n'ose pas vraiment approcher ni même parler -il y est, maintenant. Il n'a toujours pas conscience de t'avoir amené ici, il ne sait pas pourquoi il t'a abandonné au pallier de la porte de ses cauchemars ; peut-être que c'est une manière de te prévenir de te dire que c'est à tes risques et périls, peut-être qu'il ne veut pas te forcer de rencontrer ses démons ses illusions. Peut-être qu'il se dit qu'il est encore temps pour toi de fuir, de tout déconstruire.




ACCISMUS
&
ANOESIS

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2016-05-14, 16:30
Tu ne protestes pas quand il n'oppose que du silence à tes salutations.
Tu ne protestes pas quand il te prend la main et t'entraîne dans son sillage.
Tu ne protestes même pas quand tu te rends compte qu'il ne te laisse pas le temps d'emporter une veste, d'éteindre ton ordinateur ou de fermer ton appartement - et pourtant, il y en a, des données compromettantes pour toi ; tout au plus peux-tu te rassurer en te disant que ton immeuble est lui bien protégé, que tes voisins de pallier n'auront jamais l'affront d'entrer chez toi. Il y aurait bien Ilsung, sans doute, lui pourrait t'inquiéter - mais qu'importe, tu n'es même pas sûr qu'il oserait. Il n'a pas assez de cran, ce jeune privilégié.
Tu suis Alex sans briser le silence ; tu ne fais même pas attention à la route que vous empruntez, car tu lui fais confiance. Tu ne regardes que lui, et sa façon de t'entraîner sans pour autant te regarder, comme s'il était empreint de la certitude que tu lui emboîteras le pas, et il a raison car tu le fais. Tu devines la tension qui crispe son corps à la raideur de sa nuque. Cela te fait mal. Tu ne sais même pas pourquoi.
Vous finissez par arriver à l'hôpital et, tout à coup, tu te sens investi d'un mauvais pressentiment. Tu n'as jamais eu l'occasion de t'y rendre souvent, étant dans une santé de fer et n'ayant plus vu ta famille depuis trop longtemps ; mais tu sais qu'il s'agit là d'un mauvais augure. Ce n'est pas lui, le malade - alors c'est quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui probablement compte aux yeux d'Alex. Son identité t'intrigue : tu l'as senti trop seul, Alex, tu n'as pas l'habitude de le voir attaché à quelqu'un. Pas même à toi. Tu n'es pas jaloux, d'ailleurs : tu n'exiges rien de sa part, si ce n'est qu'il accepte celui que tu es. Il n'est pas obligé de t'aimer non plus. Juste te voir comme tu es. D'ailleurs, peut-être est-il seul parce que cette personne est à l'hôpital. Tu n'en sais rien. Tu ne juges pas.
Mais tu le suis, encore, jusqu'à la porte d'une chambre.
Il te lâche et entre ; tu attends un peu. Tu glisses ton regard à l'intérieur, sans pour autant esquisser le moindre geste. Tu hésites, ce qui est assez rare - sauf quand tu es avec lui. Tu penses qu'il veut bien que tu rentres, mais tu dois t'armer de courage. Car tu sais ce que cela signifie. C'est une intrusion dans son intimité, dans quelque chose qui assurément est un trop lourd secret pour lui. C'est parce que tu as conscience de la gravité de la situation que tu attends.
Et finalement, tu entres.
C'est une femme qui git sur le lit.
Elle lui ressemble un peu, tu trouves - mais en plus vieille et plus faible.
Ton cœur se serre.
Tu restes un long moment silencieux, te rendant bien compte que toi le beau parleur, tu n'as rien à dire. Tu as vécu beaucoup d'expériences difficiles, mais aucune ne valait celle dans laquelle Alex s'enfonce. Tu comprends un peu mieux, maintenant. Ses mélancolies. Pourquoi il a le regard dans le vague. (Pourquoi, peut-être, tu n'arrives pas à l'atteindre.)
Tu t'approches de lui, et à ton tour tu lui prends la main. Tu glisses tes doigts entre les siens. C'est totalement dénué de sentiments, mais une simple manœuvre de soutien. Une façon pour toi de lui rappeler que tu es là, juste pour lui, juste parce qu'il en a envie.
« Raconte-moi. »
Tu ne parles pas fort, Côme, comme si tu avais presque peur de ce qu'il fera s'il s'exécute. Mais c'est assez fort pour qu'il t'entende.
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2016-05-14, 19:35



ft. côme
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Il n'a que ses yeux pour regarder, Somnifère, parce qu'il n'arrive plus à pleurer et qu'il n'a pas ça à présenter ; non, il veut juste porter la vérité du bout des cils et arrêter de se cacher.
Il n'est pas particulièrement triste, Alex.
Mais ça fait mal dans sa cage thoracique ; ça fait mal, des coups lâchés par son frère par son sang comme des bombes au-dessus d'un champ de bataille, des barbelés autour de sa bouche de ses poumons -il a presque l'impression que respirer lui est interdit.
Il te voit rentrer, du coin de l'oeil, mais il ne regarde pas vraiment tes réactions ; il a le regard fixe et il est juste lassé fatigué blasé étouffé. Elle est belle, la femme, la statue de verre ; elle a ces rides légères qui font croire que les anges vieillissent, elle a ces cheveux clairs clairs d'un blond peroxydé presque blancs -il ne lui manque que les ailes, parce qu'on dirait qu'elle a déjà trouvé la paix. Elle a l'air si calme, si apaisée, et quand on la regarde un peu trop longtemps, il y a les bruits des appareils qui brisent l'image et qui nous font nous demander si finalement, elle n'est pas perdue en enfer.
Il prend ta main, Alexíus. Il ne la serre pas, il laisse un peu de vide entre vous deux comme pour s'assurer que -qu'il ne te fait pas mal. Il est livide et froid et on sent des milliers de mots dans son regard on sent des milliards d'idées de pêchés cachés sur sa face lunaire. Il a toujours cet air de corbeau noir, avec sa tignasse mal coiffée qui lui retombe sur les pommettes, avec ses habits aussi foncés que le jour le permet. Tu sais, il n'a pas l'impression d'avoir beaucoup à raconter.
C'était une famille. Ils étaient quatre. Ils vivaient en Islande, à côté de la mer, mais il y avait trop de cadavres flottants dans ces lieux, alors ils sont venus ici. Il a un ton calme, Alex, quelque chose non pas sans émotion mais tellement chargé que tout se mélange et qu'il paraît hors de ce monde. Et il y a les trois gamins qui s'amusent, qui grandissent, parce que c'est amusant, une ville. C'est plein d'inconnue. Il y en a un qui télécharge une application. Il y a une pause, perceptible. Il peut endormir les autres, ça l'amuse pendant un temps, parce qu'il est de ceux qui sont insouciants. Et un jour, il est en colère contre sa mère. Tellement qu'il n'arrive plus très bien à se contrôler. Alors il l'endort, sans pouvoir la réveiller.
Il ne sent pas le lourd silence, Alex, parce qu'il a déjà l'impression de porter le monde sur ses épaules. Parce qu'il s'est déjà étranglé avec toutes ses pensées, parce qu'il en a assez, parce qu'il essaie de s'expliquer -mais rien, rien, rien ne sera jamais assez. Et il appelle son grand frère ; il est en colère. Il l'emmène à l’hôpital, il paraît qu'il n'y a rien à faire, alors on la nourrit par les veines alors que le fautif retourne les siennes pour tout inverser -et puis il y a la dernière de la famille qui n'a jamais rien su mais qui a toujours été trop jeune. Même pour partir. C'est Solveig qui lui arrache un creux dans la voix, qui lui griffe l’œil et qui le rend un peu trop brillant, c'est Solveig et sa manière d'être si décharnée dans ses souvenirs alors qu'elle n'était que douceur -elle était retournée à la terre, et Somnifère. Somnifère. Il ne faisait que plaider coupable que présenter ses artères à tous les détracteurs mais -mais quelle justice, s'il part pour un monde plus paisible.




ACCISMUS
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2016-05-16, 16:15
Tu ne dis rien.
Tu t'astreins au plus terrible silence, parce que ton temps n'est pas venu.
C'est le sien, et tu joues selon ses propres règles, tu avances selon son rythme. Tu es prêt à l'écouter. Véritablement prêt. Et tu te laisses bercer par son histoire. Lorsqu'il t'évoque l'Islande, même si ce n'est que furtivement, tu entends les vagues de la mer dont il te parle, et ton corps frissonne à l'idée du froid auquel tu associes le pays. Peut-être sombres-tu dans les clichés, Côme, mais tu le fais sans mauvaise intention. L'Islande, ça t'évoque Alex, et la pâleur de sa peau de neige, et la chaleur d'un geyser qui se répand dans ton cœur quand tes pensées s'inclinent vers lui. Alors que cette ville n'est qu'un amas de taudis entassés les uns sous les autres, sous des dehors de métropole moderne ; et toi qui y es né et qui y a grandi, tu aurais pu lui dire, à Alex, qu'il allait s'y perdre. Tu ne regrettes sans doute pas qu'il soit venu à Equilibrium car tu n'aurais jamais croisé son chemin en d'autres circonstances ; tu regrettes juste qu'il se soit fait engloutir par l'ogre de ses tréfonds. Même toi, tu n'en avais tout à fait conscience, plus jeune. Tu vivais une vie privilégiée, heureuse.
(Heureuse ? étais-tu vraiment heureux alors que ton existence n'était que superficielle ?
N'essaies-tu pas de recréer comme un âge d'or dans tes souvenirs ?)
Et puis, le drame. Tu comprends ce qui est arrivé à cette femme - à la mère d'Alex. Elle a été endormie par son fils. Et tu prends subitement conscience du danger qui l'a guetté, de la raison de sa solitude. Une famille déchirée par une faute qu'il n'a pas voulu commettre. Tu comprends, Côme. Tout te paraît limpide.
Et tu as mal pour lui.
Tu lâches sa main, pour glisser tes bras autour de sa taille. Tu te colles à lui ; tu ne sais même pas pourquoi tu fais cela, tu agis à l'instinct, comme si tu savais que pour une fois, tes calculs ne pourraient pas te sauver. Tout ce que tu peux faire, c'est attendre qu'il se calme. Et tu ne peux pas le forcer à trouver une paix intérieure qui se refuse à lui depuis tant de temps.
Tu lui donnes ton avis, malgré tout.
« Sauf que ce n'était pas de sa faute. Il n'a jamais voulu que ça aille aussi loin. C'est pour cela que cela le ronge. Il se sait responsable. Mais il n'est pas coupable pour autant. »
Oh non, Alex a moins de choses à se reprocher que toi. Son seul tort est une erreur de sa part. Toi, tout ce que tu as fait de travers, tu l'as fait consciemment. Tu es homme à détruire des vies pour parvenir à tes fins. Tu penses sincèrement que tu es pire que lui. Qu'il n'a pas à se détruire pour un acte qu'il n'a même pas souhaité.
« Je sais que ce n'est pas à moi de t'accorder le pardon. Tout ce que je peux te dire, c'est que tu n'es pas un monstre, Alex. Pas pour ça. »
Non, le monstre, ce serait plutôt toi, et ton indifférence, et ta volonté de t'emparer de ce que tu désires sans que tu ne fasses attention à ceux que tu écrases en chemin. Mais tu ne le lui expliques pas, parce que ce n'est pas toi le protagoniste pour le moment, parce que tu es simple spectateur et t'affoles de ton impuissance.
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2016-05-22, 22:58



ft. côme
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Peut-être que pour une fois, le silence semble apaisant.
Il a l'air de respirer, de prendre son temps -oh, pas étouffant, non, pas réconfortant non plus. Et t'as beau essayer de remplir les trous avec ton corps, Côme, Somnifère n'est pas sûr de pouvoir être complet ; mais qui a dit qu'il faut l'être, de toutes manières.
Il se sent tout vide, sans aucun écho et sans aucune écharde ; juste vide. Il t'écoute, tu sais, mais tout ça, tout ça il se l'est déjà dit et ça ne sert à rien ; il s'est déjà retourné la peau les os les ongles et le cœur -il lui reste son âme, éparpillée un peu partout.
((ici, lovée au creux d'une couverture trop blanche, contre un corps mort et tiède
là-bas, dans des yeux gris d'acier qui le traquent à distance
dans le sol, là où on en a enterré non pas une -mais deux.))
Et il a la bouche sèche (et vide), les yeux fixes (et vides), les mains froides (et vides), le regard pétrifié (et vide).
Mais tu sais, le garçon, il est parti, après. Il pensait que c'était de sa faute -ça l'est, d'un côté, comme ça ne l'est pas d'un autre. Il en parle presque machinalement -on voit peut-être le nombre de fois où il a pensé à son jugement à l'intérieur de sa tête. Il avait trop peur de refaire les mêmes erreurs avec son frère et sa sœur. Tout ce qui restait -et maintenant, maintenant- Il avait quatorze ans, et il a fait semblant d'être trop simple pour être malheureux. Pause ; et il ment encore encore encore devant tout ces gens -c'est presque étrange, qu'un tel menteur ait des sourires aussi vrais. Il a pensé à en finir, tu sais. Mais il ne pouvait pas, parce qu'il y avait encore de l'espoir. Alors il revenait chaque semaine ici même, et il essayait de la réveiller. P a u s e. Et ça ne fonctionne pas. Raclement de gorge ; voix toujours aussi neutre. Et son frère s'occupe de la plus petite, mais il a vingt ans et ce n'est pas son rôle ; elle lui échappe et elle se noie dans beaucoup de choses -elle ne sait rien et elle avait besoin de sa mère, de ses frères. Tu comprends, Côme ? Peut-être qu'au début ce n'était pas sa faute, mais ça l'est devenu. Il faut bien que le frère blâme quelqu'un pour continuer, alors autant qu'il blâme l'autre pour rester à flot, non ? Parce que Somnifère -Somnifère il ne peut pas faire autrement de toutes manières.




ACCISMUS
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ANOESIS

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2016-05-23, 18:09
C'est comme serrer dans tes bras une enveloppe vide : tu sens les reliefs de son corps et tu sens sa chaleur et tu sens les battements de son cœur qui tambourinent à ta porte et tu sens sa poitrine se soulever et s'abaisser et tu sens sa présence contre toi, mais.
Tu ne sens rien d'autre.
Une boule d'angoisse naît dans ta gorge. Jamais tu n'avais goûté à un tel sentiment d'impuissance, Côme. Car si ni tes mots, ni ta compagnie ne peuvent l'atteindre, alors ton existence est comme niée. Inutile. Elle a cependant encore une fonction : celle d'écouter, sans rien faire. Condamné à l'inaction, tu attends, tu écoutes. Tu t'efforces de comprendre, aussi ; mais tout est intérieur, rien ne transparaît. S'il pouvait voir ton visage, il se heurterait à un mur de pierre. Afficher ta compassion ne fait pas partie de tes habitudes ; tu t'es efforcé de devenir indéchiffrable, et si tu changes, c'est à cause de lui. Voilà quelle est sa faute. Il te transforme sans ton consentement. Et ce n'est même pas grave, cela. Tu ne peux rien lui reprocher du reste.
Pourtant, tu comprends ses peurs.
Et tu glisses ta main vers sa nuque pour l'obliger à baisser le regard. Tu ne veux pas qu'il voie sa mère. Tu veux qu'il te voie, toi. Parce que ça fait une différence. Parce que toi, même en sachant ce qu'il a fait, tu ne saurais lui reprocher quoique ce soit ; parce que toi, tu continues de penser que c'est un type bien ; parce que toi, ton cœur réagit bizarrement quand il est aussi proche de toi. Et ça t'ennuie un peu, que cela n'a pas d'importance : tu as envie de lui dire, sur le coup. Plus tard, tu y réfléchiras et tu te diras que tu as eu raison de taire tes ressentis, car cela ne ferait que le gêner (car c'est de toute façon sans espoir, il ne regarde pas vers toi, il n'a aucune raison de le faire). Tu te diras que tu auras bien fait de ne pas t'imposer à lui, alors qu'il ne demande que ton attention, une oreille à qui parler, une âme à qui expliquer. Si c'est tout ce que tu peux être pour lui, alors, ce sera suffisant, n'est-ce-pas ?
Tu plonges ton regard dans le gouffre de ses yeux.
« Et comment le garçon fait-il pour rester à flot ? Il ne s'est pas encore noyé, que je sache. »
Et tu ne veux pas qu'il sombre sous les vagues de sa culpabilité, non ; tu voudrais qu'il puisse trouver une forme de paix, à défaut du pardon. Le voir ainsi torturé te fait mal et te rappelle à quel point tu ne sais rien de lui (à quel point tu n'as rien su de lui). Tu n'aurais pas deviné. Tu t'en veux un peu pour cela, sans raison, car il n'y avait pas de raison que tu devines. Tu as déjà compris beaucoup de lui, tu ne pouvais pas tout deviner non plus - où aurait été la magie de votre rencontre, sinon ?
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