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Stuck with you ft Côme

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2016-02-14, 00:47
STUCK WITH YOU

17:45. La journée avait été longue pour Ilsung. Réunions, papiers à signer, encore des réunions, appels à faire, visites dans les bureaux même des rédacteurs pour s'assurer que toutes les consignes administratives aient été respectées, demandes d'employés, des plaintes sous-entendues parfois, le sourire et l'air détaché qui doit perdurer, «tu ne peux pas t'énerver, tu dois avoir l'air maître de la situation, respire, respire... qu'est-ce que je donnerai pour être ailleurs», des gens qui parlent trop fort, d'autres pas assez, discours qui se répètent et qui prennent donc deux fois plus de temps que nécessaire, le temps, le temps qui s'étirait et qui se perdait... mais tout cela venait de prendre fin brutalement avec la fin de son quart. Son père lui avait donné congé pour la journée, insistant sur le fait qu'il avait besoin de se reposer pour le lendemain qui serait une plus grosse journée encore. Mis à part cette dernière annonce, c'était la meilleure nouvelle qu'il avait entendue cette semaine.
En étirant ses bras, il pensa tout de suite au bon repas qu'il se fera en rentrant. Ou non, tiens, il commandera quelque chose. Ce sera moins d'effort. En attendant, il pourrait s'étendre sur son divan, fermer les yeux et s'accorder quelques minutes de repos. Dormir. Oh, ce qu'il serait plaisant de dormir. Son lit lui manquait horriblement. Il lui semblait que cela faisait une éternité qu'il n'avait pas profité de la chaleur de ses draps (mais dans les faits, ce n'était que depuis qu'il les avait quitté ce matin). C'était décidé, ce soir, il prendrait son temps pour lui et lui seul. Il  se fermerait à tout contact avec le monde extérieur pour n'avoir à s'occuper de lui-même. La perspective de cet instant de paix à venir le fit partir du bureau d'un pas plus rapide qu'à l'accoutumée.

17:53. Il entra dans l'immeuble où il logeait. Dans le hall, quelques personnes tout aussi bien vêtues que lui discutaient au téléphone, encore en train de régler des dossiers urgents juste avant de partir pour un énième meeting à l'extérieur. Ils avaient à peine de le temps de voir la décoration de leur appartement. Il les plaignait. Un jour, il aura à partager leur vie à la vitesse grand V lorsque les mêmes responsabilités lui tomberaient sur les épaules. Il n'était pas encore un vrai dirigeant d'équipe ou d'entreprise comme eux. Lui pouvait encore s'accorder quelques heures de repos, mais ce privilège finira bien par lui être retiré brutalement un jour ou l'autre quand son héritage lui sera remis.
Mais tout cela, il n'avait pas envie d'y penser aujourd'hui. En cet instant précis, sa tête était lourde. Il se forçait à visualiser tous les repas qu'il pourrait commander pour éviter que ses idées dévient vers le travail. Machinalement, il appuya sur le bouton de l'ascenseur qui le mènerait à son appartement. Il en était à se demander s'il devrait opter pour du bœuf ou du poulet... à moins qu'il ne prenne un met végétarien? Les portes s'ouvrirent, une ou deux personnes sortirent. À son tour, Ilsung entra et pressa le numéro de son étage. Habitué à une montée plutôt longue, il s'appuya contre le miroir au fond de l'ascenseur et ferma les yeux. Des sushis. Oui, ça pourrait être une bonne option, mais il avait envie d'un peu de chaleur. Il prendrait une soupe avec. Il soupira de bonheur, savourant déjà ses quelques heures qui lui appartiendraient.
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2016-02-15, 21:00
La journée a été si productive que te voilà d'une extraordinaire bonne humeur. T'aurait-on dit que tu venais de gagner au loto et que tu n'avais plus besoin de t'échiner à te refaire une fortune, que tu pouvais désormais souffler un peu, tu ne te sentirais qu'à peine mieux qu'en cet instant. La raison en est d'une simplicité enfantine : tu viens de signer un contrat qui va te rapporter gros, avec une prise de risques minimale. Oui, aussi incroyable que cela puisse paraître, cette situation vient de te tomber dessus, et tu n'imagines même pas ce qui pourrait ternir ton humeur. Peut-être la nouvelle inverse que celle mentionnée précédemment, ou que l'on t'informe que tu viens de te faire rouler à ton tour. Ou peut-être apprendre qu'Alex a eu un accident - comme c'est curieux, d'ailleurs, que son nom te vienne à l'esprit lorsque tu as peur de perdre quelque chose. Ce constant, curieusement, ne parvient qu'à te rendre encore plus heureux que tu ne l'étais jamais. Cette journée est magnifique, et tu as décidé que ce soir, tu sortais.
Eh bien quoi ? tu n'as peut-être plus ta fortune d'antan, mais tu peux largement te payer un bon restaurant gastronomique (tu ne saurais supporter moins que cela) pour fêter la situation. Avec un verre de leur meilleur champagne. Tout seul, c'est un peu triste, mais tu trouveras bien quelqu'un qui désirera ta compagnie. Ton carnet d'adresses est plutôt rempli ; tu connais pas mal de personnes qui peuvent également se permettre de payer un menu à plusieurs centaines de dollars sans que cela ne fasse souffrir leur portefeuille. L'une d'elles acceptera bien de te rencontrer.
Ta décision prise, tu te dépêches de rentrer chez toi. Quand tu es occupé, tu reviens souvent tard à la maison ; mais il n'est pas encore dix-huit heures, et tu as besoin de ce temps pour te préparer. Tout le monde sera d'accord pour dire que ton costume est impeccable ; cela dit, pour toi, il est encore trop simple. Tu dois te changer, te recoiffer, et rechercher une personne avec qui sortir. Tu en as pour au moins deux bonnes heures, te connaissant. Tout le monde n'est pas aussi pointilleux que toi en la matière.
Tu prends l'ascenseur sans te soucier des personnes qui s'y trouvent déjà. Tu les salues machinalement, parce que la politesse est ancrée profondément en toi, mais sans y mettre ton cœur. Plusieurs personnes sortent, mais tu ne prends pas vraiment note de leur départ. Tout comme tu remarques à peine le jeune homme qui se tient dans le fond de l'ascenseur et qui ne te prête pas plus attention qu'à toi, visiblement plongé dans ses pensées. Vous n'êtes plus que tous les deux, l'ascenseur repart et...
Et tout à coup se bloque.
Tu jettes un coup d'œil bien inutile à l'écran indiquant le numéro de l'étage, et qui n'affiche plus rien. Tu fronces les sourcils. Vraisemblablement, tu - vous - êtes coincés entre deux étages, pour votre plus grand bonheur. Tu soupires. Une soirée qui commençait si bien, être gâchée ainsi... Tu te retournes vers le jeune homme coincé avec toi, sans pour autant l'observer attentivement. Des traits asiatiques, soit, mais ce n'est pas si extraordinaire non plus, quand on y réfléchit. Toi-même, tu as des origines étrangères ; elles se voient simplement moins que les siennes, c'est tout. Mais tes cheveux bruns et tes yeux légèrement renfoncés en sont un signe.
« Ça arrive souvent, ce genre d'incident ? »
Cela ne fait pas longtemps que tu es là après tout, et tu es persuadé qu'il réside dans l'immeuble depuis plus longtemps que toi. Un immeuble hors de prix, où n'habitent que ceux qui peuvent payer - et par miracle, c'est également ton cas. Un ascenseur qui se bloque, ce n'est pas très glorieux ; cependant, peut-être le problème sera-t-il réglé. Sinon, tu devras en parler au concierge et lui réclamer des explications. Un ascenseur dans un immeuble de gens bien, ça ne tombe tout simplement pas en panne.
Quelque chose, cependant, t'interpelle. Tu le dévisages un peu plus longuement ; tu ne sais pas pourquoi, mais son visage te rappelle quelque chose. Tu ne te souviens plus de qui, en revanche. Non que ce soit surprenant : tu as tendance à évacuer de ton esprit tout ce qui ne te sert à rien, et en particulier le visage des gens.
« Est-ce qu'on ne se serait pas déjà rencontrés auparavant ? » : demandes-tu, tout en sachant pertinemment que cette impression de familiarité ne provient pas d'une rencontre récente au détour d'un couloir.
Non, tu es sûr qu'il a croisé ton chemin dans ton passé, il y a bien longtemps. Et qu'il était peut-être un peu plus qu'une simple connaissance dont tu te souvenais à peine du nom...
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2016-02-18, 02:19
Le bonheur est toujours ailleurs. Impossible de le garder assez longtemps pour en profiter. Pire encore, il est insaisissable, il file entre les doigts de son détenteur dès qu'il commence à se sentir un peu confiant. Ilsung ne faisait pas exception à la règle. À l'arrêt de l'ascenseur, il sentit que quelque chose n'allait pas. Peut-être était-ce la petite secousse ou les bruits de fond mécaniques qui se turent. Sans avoir à ouvrir les yeux, il voyait tous ses plans s'envoler en fumée, glisser entre les conduits compliqués de l'immeuble pour continuer leur route vers les rêves inaccessibles dans l'immédiat - ses plus grandes frustrations.
Ouvrir ses yeux ne fit que confirmer le début de son cauchemar. C'était surréaliste. Un ascenseur bloqué et lui à l'intérieur. Ce genre de choses n'arrivent qu'aux autres et surtout qu'aux gens ordinaires. Pas à une personne de la haute classe. Et dans ces circonstances en plus! Il avait enfin gagné la liberté de faire ce qu'il voulait de sa soirée, et voilà qu'il était obligé de la perdre dans une stupide cage de fer recouverte de miroirs et de moulures. Ses épaules s'affaissèrent, incrédule, ses yeux fixaient encore l'écran noir. Un soupir et le début de quelques mots pas très catholiques furent interrompus par une voix juste à côté de lui. Elle lui procura un sentiment partagé. Il aurait préféré qu'elle provienne de l'interphone - signe que le problème serait réglé bientôt - mais elle indiquait plutôt qu'il avait un partenaire de prison. Génial. Il ne voulait même pas le regarder. Jusqu'à maintenant, ses yeux n'avaient qu'annoncé le malheur. Et s'il avait à côté de lui un jeunot incapable de tenir en place qui n'arrêterait pas de se ronger les ongles tout en lui posant mille et une questions? L'horreur. Le summum de la compagnie désagréable pour lui. Il préférait fermer ses paupières et imaginer le pire au lieu de l'affronter. Ses doigts massèrent ses tempes, un de ses tics lorsqu'il était énervé, avec ce grognement qui ne quittait pas sa gorge.
«Bien sûr que non. C'est pas le tiers-monde. Les ascenseurs sont fonctionnels et laissent vivre les gens en paix.» Les mots étaient secs. Ils invitaient à une fermeture rapide de la conversation. Il ne fallait pas trop lui en vouloir; pour une fois qu'il pouvait passer une soirée en solitaire, voilà qu'il était coincé dans un tête-à-tête indésirable. Or, cet entretien forcé ne s'arrêterait pas là. Et étonnamment, Ilsung retrouva un tout nouvel intérêt à l'usage de la parole et la courtoisie, car lorsqu'il tourna la tête et daigna regarder son compagnon de cellule, il reconnut ce visage qui avait déjà l'air vieux même lorsqu'il était jeune. Une tête qu'il n'avait jamais prise au sérieux. Jetez le blâme sur le fait qu'il était un peu plus vieux, qu'il se croyait plus fort, qu'il avait toujours été snob ou qu'il fréquentait les mauvaises personnes au lycée. Il n'avait jamais la moindre once de respect pour ce «jeune» qu'il manipulait avec l'autre pour obtenir ce qu'ils désiraient. Évidemment, après avoir terminé ses études, il n'avait plus jamais pensé à lui - sauf lorsque les informations ont couverts la faillite de sa famille. Et encore.
Mais voilà, il était coincé dans un ascenseur avec nul autre que Côme. Le temps lui avait permis de l'égaler et de le rattraper en rang social. Ils étaient au même niveaux maintenant. C'est surtout cette idée qui déstabilisa le jeune héritier. Ils étaient égaux. La distance dans ses yeux vacilla, témoin de son trouble. Il parvint pourtant à regagner assez de contrôle sur son visage pour sourire, très légèrement, comme si tout cela n'était qu'une plume qui descendait du ciel au lieu d'un roche qui lui tombait sur la tête.
«Oh. Côme Kowalski... Pardon, je ne t'avais pas reconnu.»
Un rire étira ses lèvres un peu plus franchement. «Vraiment, je ne croyais pas te revoir ici ou dans ses circonstances... Tu me reconnais? Ilsung. Kim. On a passé quelques années au lycée ensemble, tu sais, avec...»
Il n'osa pas terminer sa phrase. Après tout ce qu'ils avaient fait, il valait peut-être mieux ne pas remémorer son nom. Il n'avait pas su toute l'histoire, mais il sait qu'il avait poussé la farce un peu trop loin, que Côme a reçu la vérité brutalement. Rien de très agréable à raconter, il le déduisait. Mais c'est surtout qu'il voulait essayer de repartir sur le bon pied avec lui, car s'il était ici, dans cet immeuble réservé à la crème de la crème de la société, c'est qu'il avait du redevenir quelqu'un. Et il sentait qu'il valait mieux ne pas se le mettre à dos.
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2016-02-19, 21:11
Tu n'as pas encore fait le lien entre lui et ton passé, et pour cause. Tu ne lui accordes pas plus d'attention que lui, en cet instant. Tu ignores ce qu'il voit en toi, parce que de toute façon, tu as l'habitude que le regard que l'on t'adresse ne te comprenne pas vraiment ; tout au plus arrive-t-il à glisser sur toi, à capter une étincelle de ta brillance. La sienne t'échappe également. Tu sens qu'il n'a pas envie de te parler, et tu n'en as pas envie non plus. Tout ce que tu as envie de savoir, c'est si tu vas rester des heures coincé à l'intérieur d'une boîte de conserve - tu as prévu de bien meilleurs plans, bon sang. Et finalement, alors que tu t'apprêtais à te dire que l'étincelle de familiarité qui t'a aveuglé pendant un instant n'était sans doute qu'une illusion, tu entends tout à coup ton nom s'échapper de tes lèvres. Et tes yeux se posent sur le presque inconnu, interrogateur. Le trouble se lit sur le visage de l'autre, un trouble léger, qu'il parvient à dompter, mais qui ne t'a pas échappé - rien ne peut t'échapper quand il s'agit de déceler des émotions sur le visage. Mais tu ne comprends pas, bien sûr. Tu ne vois pas très bien qui pourrait se sentir aussi perturbé par ta présence.
C'est finalement son nom, accompagné d'un rire, qui te rafraîchit la mémoire. Il s'arrête subitement avant de prononcer le nom de votre « ami » commun, et tu le regardes, ouvertement narquois, n'ayant guère le cœur de jouer la comédie et de faire semblant d'avoir peur de ce nom. Ah, mais Ilsung, il ne peut pas comprendre. Ilsung le voyait très certainement comme le jeune héritier écervelé qui se servait de sa réputation pour attirer toutes les filles, et ne semblait pas réfléchir à son avenir - sans doute parce qu'on le faisait pour lui. C'était avant, quand il était encore au sommet de sa gloire. Sa naïveté l'avait attiré, cet ami d'Ilsung ; et ils se sont connus aussi, les deux-là, tu t'en souviens encore. Tu sais qu'Ilsung a très certainement profité de l'inexpérience du garçon. Un fait un peu embêtant, qui ternit vos retrouvailles.
Fait gênant, mais au final, ce n'est peut-être pas plus mal si tu le rencontres maintenant. Si vous habitez au même endroit, cela sous-entend que vous faîtes partie de la même classe sociale. C'est la seule chose que tu retiens. Cela, et le fait que tu n'es plus comme avant. Ce nom qu'il se refuse à te présenter est celui de ton modèle. Et, en ce qui te concerne, tu penses avoir dépassé le maître. Si tu pouvais donc faire en sorte qu'il ne remarque rien, ce serait la preuve que tu es effectivement devenu plus fort que lui - plus fort qu'eux. (Peut-être y a-t-il comme un léger désir de vengeance, sommeillant au fond de toi.)
« Mais bien sûr, Ilsung ! » Tu prononces son nom tout aussi mal, et tu le sais. Tu le fais de façon totalement consciente, déformant les voyelles, adoucissant les consonnes jusqu'à ne presque plus les entendre, uniquement dans le but de rappeler que tu es de ces familles d'ailleurs, ces étrangers si riches qu'ils peuvent imposer leur propre style aux autres. « Quel plaisir de te revoir ici, franchement, c'est un magnifique concours de circonstances. Même si j'aurais préféré que cela se produise dans d'autres conditions. »
Tu fais bien sûr allusion à cette panne d'ascenseur, car oui, tu aurais imaginé une rencontre un peu plus glorieuse, où tu aurais pu prouver discrètement que tu as de l'argent, si possible autour d'un verre de bon vin et d'un plat digne d'un grand chef. Tant qu'à faire, pour une discussion sur de vieux souvenirs, c'est beaucoup plus agréable.
« As-tu des nouvelles de lui, finalement ? » : demandes-tu avec un grand sourire, ne semblant absolument pas préoccupé par son fantôme.
Et tu ne l'es pas, de toute façon. De cette faiblesse, cette blessure narcissique, tu as fini par trouver la source de ta force. Et tu te demandes si Ilsung va le remarquer, que tu es passé de l'autre côté. Qu'à présent, ce n'est plus toi la victime - et que, peut-être, cette place vacante pourrait être prise par lui, désormais. Tout dépend de la façon dont il te regarde, à présent. S'il pense que tu es toujours l'innocent gamin... eh bien, tout dépend de ce qu'il sait sur le sort des Kowalski. Le fait que la famille ait disparu des affaires n'a normalement pas dû lui échapper - et pourtant, tu es là, toi.
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2016-02-22, 16:38
Repartir du bon pied. Cette idée lui avait traversé l'esprit et il avait décidé de la mettre à l'exécution en taisant le nom de l'autre. Mais il y avait une condition à cela et c'était qu'il conserve la main dominante - et il croyait vraiment qu'il le graciait en évitant de lui remémorer des souvenirs qu'il regrettait sûrement. Or, la réaction qu'il obtint n'était pas celle qu'il attendait. Le sourire moqueur de Côme lui confirma qu'il n'avait plus affaires à cet adolescent naïf qu'il avait côtoyé. Il était confiant. Arrogant. Il semblait savoir où il allait maintenant. Et aussitôt cette réalisation faite, le visage d'Ilsung perdit sa chaleur. Méfiance? Non, seulement de la prudence.
Il n'avait plus le même pouvoir qu'il exerçait sur lui à une époque, il le voyait bien. Et à entendre la manière dont Côme déformait son nom, il comprenait qu'il tentait de renverser les rôles. Ah non, il ne le laisserait pas faire si facilement! Ilsung s'était toujours perçu supérieur aux autres. Ce n'était pas aujourd'hui que ça changerait.
«Il-sung» le reprit-il avec une patience exagéré. «Et si tu n'es pas capable de l'articuler, tu peux toujours m'appeler M. Kim. Ça sera plus facile pour toi et ça ne me gène pas.»
Ou plutôt, c'est ce qu'il préfèrerait. Il espérait que ce commentaire a permis de tirer la situation au clair: il n'était pas la bonne personne avec qui rentrer en compétition. Sur le même ton dégagé, il enchaîna sur la question concernant l'autre. «Et non. J'ai perdu tout contact avec lui après le lycée. Dès la sortir de l'école, tu sais comment c'est: le travail et le travail. Il faut commencer à prendre en charge quelques sections de l'entreprise, des fois en même que de continuer certains cours. Nos deux familles n'ont pas de lien commerciaux, alors c'est devenu difficile de le rencontrer. Mais bon. Si rien n'est apparu sur lui dans les médias, ça doit être que tout continue normalement pour lui...»
Et d'une idée à une autre, il était clair qu'il arriverait à mentionner ce sujet embarrassant. Qui sait même s'il n'avait pas l'intention de s'approcher de ce terrain glissant dès le départ. Il laissa le reste de ses mots en suspens pour pencher la tête vers son compagnon d'ascenseur. Les sourcils un peu froncé, il l'observait comme pour trouver ses réponses avant même d'avoir formulé sa question.
«Mais j'y pense: la famille Kowalski a fait faillite. Non? Tu as l'air plutôt bien pourtant...»
Un peu plus à l'aise avec la distance qu'il venait d'instaurer entre Côme et lui, il s'appuya un peu plus lâchement contre les parois de la cage de fer. Il le regardait avec la même insolence qu'il réservait à tous les autres. «On t'a fait la charité ou quoi?»
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2016-02-23, 18:49
Tu as conscience d'avoir un désavatange par rapport à lui : tu as perdu le soutien de sa famille. C'est assez ennuyeux ; ne pouvant plus te rattacher à une lignée, tu es désormais un élément isolé, qui n'est plus protégé par un groupe. Cependant, cela fait des années que tu as appris à gérer cette faiblesse. Et si ton ego a toujours un peu de mal à se conformer à ta situation, tu sais aussi trouver des avantages là où auparavant tu n'aurais même pas regardé. Car au fond, tu possèdes un autre atout qui peut compenser ce désavatange : celui de la surprise. Ilsung a suivi un chemin classique, s'appuyant sur sa famille, ses relations, et il est extrêmement simple pour toi de comprendre ce qu'il a pu faire. De plus, tu sais très bien qu'il peut avoir envie de se jouer de toi. En revanche, il ignore totalement ce qui est advenu de toi. Bien sûr, tu n'as pas l'intention de lui dire. Ce serait un déshonneur trop profond pour que tu puisses le supporter. Il ignore également à quel point tu es devenu bon manipulateur. Et la première étape, c'est peut-être de lui montrer que désormais, tu joues dans sa cour.
Ce qui pourrait être une erreur de ta part est en fait un pari, et tu manques d'éclater de rire en voyant qu'il ne lui a pas échappé que tu malmenais son nom à dessein. Se souvient-il de la façon dont tu le prononçais, autrefois ? Tu ne faisais pas forcément beaucoup mieux, si tu te souviens bien. Posant ton regard acéré sur lui, tu lui rétorques avec malice :
« Oh, ne t'offusque pas pour si peu. Lorsque tu écorches mon propre nom, j'ai au moins la politesse de ne rien dire. »
Les personnes qui parlent surtout anglais ont une fâcheuse tendance à prononcer ton prénom de façon incorrecte, le rapprochant du verbe come, ce qui le rend un peu trop traînant à ton goût. Mais tu ne dis rien, car de toute façon, tu nourris une forme de satisfaction à l'idée que toi seul sait correctement le prononcer. S'il essaie de te forcer à l'appeler par son nom de famille, c'est un échec. Tu ne le vois pas comme supérieur à toi. Oh que non. Et si jamais il t'ennuie trop, c'est à lui que tu voleras sa fortune. Une idée bien tentante, mais que tu préfères éviter tout de même - lui te connaît, ce qui n'est jamais une bonne chose lorsqu'on s'apprête à enfreindre la loi.
Tu acquiesces donc en entendant son absence de nouvelles. A partir du moment où il a dit non, tu te fiches bien du reste. Il ne dit que des évidences, et tu n'as pas le cœur de le lui souligner. Car en vérité, il est plutôt amusant de le voir s'étaler en palabres inutiles, qui ne le servent même pas à asseoir sa prétendue domination. Tu le trouves bien faible, Ilsung ; il a bien dû se servir de votre ami commun pour profiter de ta crédulité, car tu ne vois pas comment tu aurais pu céder à de si faibles tentatives, même plus jeunes. Ah, comme on est bêtes quand on est ébloui.
Et s'il espère te décontenancer en te parlant de ta famille, il va être surpris, car tu lui réponds sur un ton parfaitement égal :
« Tu n'as pas tort mais je me dois de te corriger. Ce sont mes parents qui ont fait faillite, pas moi. La charité dont j'ai bénéficié, c'est de ma prévoyance, tout simplement. Je doute que n'importe qui aurait la présence d'esprit de protéger ses intérêts comme je l'ai fait. »
Bon, tu brodes un peu, c'est vrai. Mais il y a un fond de vérité dans ce que tu dis : tu ne mens pas, tu t'es totalement dissocié de tes parents à ce moment-là. Et tu as bien protégé tes intérêts, même si c'était un peu tard. Cependant, Ilsung n'est pas censé le savoir. Tu sais bien que cela ne suffira pas à le convaincre, de toute façon, mais les mots n'y parviendront pas. Il lui faudrait en voir plus pour qu'il puisse y croire. Patience, donc.
Tu es toujours aussi calme - peut-être vexé dans le fond, mais refusant de le lui montrer.
« En ce qui te concerne, tu vis toujours aux crochets de papa. Il serait peut-être temps de voler de tes propres ailes, non ? »
Tu le sais. Il ne peut pas te contredire. Tu l'as observé et tu sais pertinemment qu'il travaille pour son père. Tu as lu les indices dans sa tenue, dans son comportement, dans le moindre de ses mots. Voilà pourquoi tu ne sembles pas douter de ta certitude. Et s'il ose te dire non, tu sauras lui prouver le contraire.
Ah, peut-être que d'être coincé dans l'ascenseur avec Ilsung n'est pas une si mauvaise chose, finalement - même s'il manque vraiment un siège confortable pour rendre votre joute encore plus agréable.
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2016-02-29, 06:12
Qu'est-ce qui lui avait pris de commencer la conversation? De reconnaître le jeune homme? Pourquoi sa mémoire avait-elle décidé de garder en souvenir ce visage? Pourquoi sa langue avait-elle jugé bon de se mouvoir? Ilsung regrettait. Il regrettait amèrement. La situation tournait à son désavantage et il le sentait. Les réponses que lui offrait Côme n'était pas celles qu'il attendait. Ça le frustrait. Ce n'était pas son intention de se lancer dans une joute verbale qui, disons-le, n'offrait pas grand chose en retour sauf de l'épuisement alors qu'il avait enfin sa soirée pour se détendre. Mais c'était son erreur. Il avait sous-estimé l'autre. Il croyait que chacun reprendrait son «rang naturel» avec quelque phrases bien placées pour affirmer sa position. Il avait voulu instaurer l'ordre, il avait engendré le chaos. Et alors qu'il sentait toutes ces énergies négatives croître en lui, il se demandait comment l'ascenseur pouvait être assez grande pour eux deux.
Tout commença avec cette première remarque sur son manque de politesse. Oh, il se connaissait assez bien pour ne pas avoir la prétention se qualifier de «poli». Il retenait rarement sa langue et il ne voyait pas pourquoi il le ferait s'il n'en avait pas envie - ou besoin. D'ailleurs, il ne se gêna pour lui lancer un regard qui signifiait clairement «Et alors?». Côme ne lui apprenait rien de nouveau. Il assumait pleinement cet aspect exécrable de sa personnalité. Que les autres se taisent s'ils le souhaitent par «bienséance»! À moins qu'il ait une intention derrière sa soumission, il parlerait quitte à frôler l'insolence. Alors ce qui dérangea réellement l'héritier dans cette réplique était le fait même qu'on lui réponde. C'était nouveau ça. Son adversaire ne se contentait pas de se défendre; il rebondissait sur ses paroles pour l'attaquer à son tour, et ce, depuis la mention de l'autre. Il avait l'impression qu'on essayait de le coincer. Il sentait qu'on le prenait pour un imbécile et il détestait ça.
Pourtant, malgré toute la frustration qu'il éprouvait, il prêta une oreille attentive aux explications de Côme. La vérité était qu'il était réellement curieux. Comment diable l'héritier d'une famille en faillite pouvait à nouveau réussir? Et dans des délais aussi brefs? Il n'était pas naïf à ce point Ilsung. Il savait qu'une fortune prend du temps à se construire et surtout, elle vient avec une réputation. Dans le milieu, il est difficile de former assez d'alliances pour avoir un capital intéressant si le nom n'annonce rien de bon. Comment des gens pouvaient vouloir s'allier à un Kowalski et l'aider à bâtir sa fortune? Un nom ne s'efface pas si facilement, c'est la réflexion qu'il se fit lorsque Côme établit une distance entre sa famille et lui. Leurs affaires et les siennes. Deux mondes différents. À l'entendre parler, c'était ce que c'était. La perte de leur argent, la protection de ses intérêts. Le fils miraculé, épargné du déluge de dette et du déshonneur des dettes des Kowalski. Non, il ne pouvait pas totalement y croire. C'était trop beau pour être vrai.  «Et bien, je ne peux qu'applaudir une telle prévoyance...» avança-t-il avec un sourire un peu crispé. On se moquait de lui.
Il aurait aimer l'interroger un peu plus longtemps sur le sujet. Il n'était pas tout à fait convaincu de cette explication très vague, mais voilà que l'attention était maintenant tournée vers lui. Il ne s'attendait pas à ça. Pas de cette manière là en tout cas. Le choc si grand que cela lui prit une ou deux secondes avant que son cerveau puisse bien traiter l'information. C'était une  attaque si franche et si directe qu'elle l'étonnait lui-même, roi de l'insolence. Ah, le vase n'allait pas encore déborder, mais il était très plein. Et l'ascenseur, pourquoi il ne voulait toujours pas redémarrer? Stupide machine. Elle ne l'aidait en rien. Il se sentait oppressé. Plus rien n'était confortable. Il croisa la jambe droite devant la jambe gauche, mais il ne se sentit par mieux pour autant.
«La patience, la patience...»
Allez savoir s'il marmonnait ces quelques mots pour lui-même ou à son adversaire (car non, il ne pouvait plus le voir autrement à partir de ce moment. Ça lui passera, sans aucun doute, mais ici et maintenant, c'était sa réalité.). Il y avait une chose qu'il détestait par-dessus tout: qu'on le prenne pour un des ces simples héritiers qui attendent de recevoir leur héritage tout cru dans le bec. Certes, il suivait le parcours classique, mais il travaillait pour le mériter. Il voulait être à la hauteur et faire honneur au nom qu'il portait. Qu'on pense si bas de lui était comme cracher sur tout ce qu'il avait pu faire jusqu'à présent. Il tourna la tête pour assassiner du regard l'écran noir.
«Et qu'est-ce que tu entends par voler de mes propres ailes, hm? Que je prenne déjà la place de mon père? Voudrais-tu que je l'assassine pour mieux m'approprier le ciel qui me revient?» cracha-t-il avec ironie. «Tu vois, je volerai de mes propres ailes lorsque mon père me lèguera la compagnie ou mourra. C'est ma réalité.»
Un soupir. Du calme. Il avait besoin de calme. Du calme, du silence et le repas auquel il rêvait en entrant dans l'ascenseur. De la solitude. D'un geste rageur, il appuya sur le bouton de l'interphone dans l'espoir d'établir une communication avec l'extérieur - n'importe quoi pour le sortir d'ici! Mais non. Il n'y eut que le silence. Encore. Il commençait à désespérer. Perdant tout soucis de convenance, il s'assit au sol, sa tête appuyée lâchement contre le mur et laissa s'écouler un flot d'injures dans sa langue maternelle qu'il retenait depuis le début de la panne.
«... Ne te crois pas plus fort parce que tu as coupé les ponts avec ta famille et que tu gères tes affaires par toi-même, conclut-il soudainement, comme s'il n'y avait eu aucune interruption. Primo, ton nom reste toujours le même et sa réputation avec. Deuxio, il y a des héritiers comme moi qui connaissent la valeur du travail malgré l'aide qu'ils ont de leurs parents. Voler s'apprend peut-être plus lentement, mais à quelque part il y a une plus grande stabilité.»




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2016-03-02, 19:52
Tu as conscience de ton avantage : Ilsung s'attend à voir un jeune homme défait, démuni, et le voyant face à quelqu'un en pleine possession de ses moyens. Oh, sans doute a-t-il raison de penser que tu devrais être détruit, à ce stade ; ton nom est effectivement entâché par les scandales qui ont éclaboussé ta famille, par cette perte de richesse à laquelle tu as assisté sans rien pouvoir faire. Ta prévoyance n'est que du vent, dans le fond ; tu étais trop jeune pour limiter les dégâts à l'avance, même si tu as bien lu les signes avant-coureurs. Tout au plus peut-on dire que tu t'es préparé à affronter cette tempête, et que tu n'as pas hésité à tourner le dos à tes parents quand tu as vu qu'ils ne voulaient pas suivre ta voie. Ce qui n'était pas si facile, en fin de compte. Ils restaient tes parents, ceux qui t'avaient tout appris, qui t'avaient tout donné ; tu ne pouvais pas vraiment les renier sans avoir l'air d'un ingrat, mais tu l'as fait malgré tout. Tu n'as jamais pris de leurs nouvelles et tu ignores ce qu'ils font désormais. Et tu t'en moques. Ton argent, tu ne le gagnes pas sous le nom de Kowalski - même si tu es fier de ce nom qui dénote des origines plus larges que ta seule nationalité. Tu empruntes d'autres identités, rechignant à mentir car tu es toujours attaché à cette fierté aristocratique qui te pousse à l'honnêteté en toutes circonstances, et que tu considères toujours, au fond de toi, que la vérité seule mérite d'être connue. Tu as sans doute changé, Côme ; beaucoup trop pour Ilsung, qui ne voit encore que le jeune homme populaire mais naïf que tu as été.
Tu as conscience de ton désavantage. Ne plus avoir de nom pour te soutenir, alors que c'est toujours son cas, est un handicap certain. Tu l'as rencontré dès le départ, quand tu as décidé que non, les canulars téléphoniques et autres escroqueries de petites envergures ne te suffisaient pas, que tu avais besoin d'abuser de la confiance des grandes : sans nom, sans contact, on n'est rien dans ce monde-là. C'est parce que tu le connais comme ta poche que tu as réussi à surmonter cet obstacle. Mais face à Ilsung, tu auras plus de mal et tu le sais. Il cherche à te rabaisser, et le fait d'ailleurs avec peu de subtilité ; et il sait très bien qu'il a de quoi faire. Ton objectif, dès lors, c'est de ne lui laisser aucune prise ; et lui, c'est de chercher des failles. Tu ne sais pas quel sera l'issue de cette joute ; si jamais tu perds alors que tu le trouves si grotesque dans sa façon de procéder, c'est qu'il est bien meilleur que tu ne l'as cru. Et tu le reconnaîtras meilleur que toi, parce que tu es comme ça. Tu as conscience qu'il y a une hiérarchie et qu'on ne peut pas être tout en haut. Encore faut-il qu'il te convainque qu'il se trouve sur un palier plus haut que toi. S'il y arrive, il aura tout le loisir de te mépriser.
Encore faut-il qu'il y arrive.
Tu sens le scepticisme dans sa voix, mais tu ne le soulignes pas. Tu en prends note, et rien d'autre. Glisser la conversation sur un terrain qui lui paraît plus dangereux a donc été la décision à prendre, d'autant plus que tu aimes beaucoup la façon qu'il a choisi de se défendre. Très rationnelle, elle te ferait presque passer pour le vilain de l'histoire. Tu le regardes s'acharner sur l'interphone, sans rien dire. Parfait, tu sais désormais qu'il n'a pas la moindre envie de rester coincé dans cet ascenseur avec toi. Tu ne le désires pas non plus, toutefois, tant que lui ne le sait pas... Ah, mais tu as beaucoup moins envie de sourire, tout à coup. C'est qu'il n'est pas mauvais, Ilsung. Tu souris malgré toi ; voler, pour toi, ce mot a deux sens, les deux sens que l'on lui attribue en français : l'envol et l'exaction. Les deux te vont parfaitement, cependant, il l'ignore totalement. Tu as commencé à voler des choses quand tu n'avais rien ; et tu ne t'es jamais totalement départi de cette habitude, surtout en matière vestimentaire. C'est que bien s'habiller, ça coûte cher.
« Mon nom n'a absolument rien d'infâmant, Ilsung. Il n'y a que les mauvaises langues pour juger une personne à l'ombre de son nom. Ce sont les actes seuls qui comptent, tu sais. »
Et ce faisant, tu as sans doute plus accompli bien plus que lui - même si tu es très certainement du mauvais côté de la barrière, pour le coup. Cela dit, il ne pourra jamais te retirer cela. Il ne pourra jamais prouver que tu es dénué de talent, car tu as réussi à te refaire à partir de presque rien. Et ça, ce n'est pas donné à tout le monde. A ta place, tu es sûr qu'Ilsung ne s'en sortirait pas aussi bien. Il te fait un peu penser à toi, avant. Mais en pire. Est-ce que tu as déjà été aussi borné que cela ?
« On entend parler des familles comme la tienne, mais on ne sait rien des héritiers. Je crois que tu es dans l'ombre, Ilsung, et peut-être fais-tu tout pour mériter ta future position, mais tu ne brilles pas. »
Ilsung manque d'ambition, aussi paradoxal que cela puisse paraître. Pourtant, toi, tu le comprends. Il y a une forme de gloire à vivre dans l'ombre de parents prestigieux. Dans le fond, tu ressembles un peu à ces nouveaux riches, pour le moment, et cela te dérange. Cependant, tu ne doutes pas que tu parviendras à tes objectifs. Tu reprendras tout ce qui appartenait aux Kowalski, tu étendras même leur domaine, et on se souviendra de toi comme celui qui a épargné cette éminente de la catastrophe. Sans jamais rougir de honte de sa déchéance, mais gardant la tête haute (à défaut du cœur honnête).
Mais tu ne te rends pas compte que peut-être, tes sentiments à l'égard d'un certain valkyrie pourrait bien tout bouleverser...
Et alors ?
Tes rêves sont tiens, non ?
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2016-03-11, 19:48
De la place assise qu'il s'est faite au sol, il regarde du coin de l'œil son opposant. Sa simple vue lui donne des crampes au cerveau maintenant. De mieux en mieux. À moins que ce soit l'endroit clos qui le dérange. Mais à sa connaissance, il n'a jamais souffert de claustrophobie. Alors il ferme les yeux. Il se sent déjà un peu mieux. Peut-être  que s'il presse ses paupières assez fort et assez longtemps, son compagnon de cellule disparaîtra comme par magie. Son existence serait réduite à l'état de poussière sans qu'il n'ait à lever le petit doigt. Le rêve... Dans un vain espoir, il essaie durant quelques secondes, mais lorsqu'il les ouvre, il est encore là. Il les referme et roule sa tête contre le mur en soupirant. Il est épuisé. Quel imbécile. Dépenser ses dernières sources d'énergie pour un combat inutile. Il faudrait vraiment qu'il apprenne à contrôler sa fierté. Mais pauvre Ilsung, il n'y parviendra jamais. C'est plus fort que lui. Encré dans son inconscient, il y a cette certitude qu'il vaut beaucoup plus que l'autre. Et s'il doit abdiquer durant cette joute, il n'accepterait pas cette défaite. Il s'en voudrait à mort d'avoir baissé aussi lâchement les bras et cultiverait toujours un mépris profond et irrationnel pour Côme.
C'est pourquoi il n'a qu'une seule option acceptable: continuer à se battre jusqu'à ce que chacun reprenne sa place respective - selon ses critères à lui. Dès lors, l'animosité s'éclipsera et il pourra commencer à considérer Côme comme un être humain. Enfin, ça leur permettrait de repartir sur un bon pied. Mais n'était-ce pas ce qu'il avait essayé de faire dès le début? Et où en étaient-ils maintenant? Une crampe plus virulente entre ses tempes plisse son front. Il tente de conserver une expression neutre, mais c'est plus ou moins réussi.  Et à quoi bon essayer de conserver une bonne image? Il est déjà échoué au sol. Son corps ne veut peut-être plus coopérer comme il le souhaiterait, mais sa tête, aussi douloureuse soit-elle actuellement, répond toujours aussi bien.
«Tu as raison. Je ne brille pas, as a matter of fact.»
La tête s'est redressée. Le regard et le sourire sont devenus insolents. Attention; danger. Ilsung commence à comprendre le mécanisme derrière les réponses de Côme. Il parle peu de lui-même. Il préfère se concentrer sur le cas de son adversaire - ce qui est plutôt logique et facile, étant donné que l'Asiatique  donne beaucoup d'informations sur lui. Mais en parlant de lui, indirectement il finit par parler de lui-même. Et si l'héritier se fit à son intuition, il n'aurait qu'à continuer sur le chemin qu'il vient de tracer pour peut-être finir par le coincer. Ou pas. Si ça ne fonctionne pas, et bien il pourra dire que cela aura été une partie intéressante. Il ne sait pas si cette idée qui vient de germer dans son esprit pourra l'amener à gagner cette joute. En fait, il veut seulement savoir comment l'autre réagira, car sa réaction lui indiquera exactement dans quoi il s'engageait.
«Je devrais vraiment songer à faire quelque chose qui me permettra de me démarquer encore plus.» continue-t-il dans un rire. «Semblerait-il que se contenter de gérer les affaires de l'intérieur ne suffit plus... Peut-être devrais-je faire plus d'apparitions publiques, qu'en dis-tu? Ou bien explorer le terrain devant la caméra. Qu'est-ce que t'en dis? Tu crois que je paraîtrais bien à la télévision?»
Il blague, il blague, mais sous ses intonations légères, il y a quelque chose de profondément cynique. Il croise ses jambes sous lui et fixe tout d'un coup Côme avec intérêt.
«Mais toi aussi tu es dans l'ombre. Enfin, pas de la même manière, mais tu vois, si nous n'étions pas coincés ici, jamais je n'aurais su que tu étais de retour en force dans le milieu... Que dirais-tu de passer en entrevue? Je pourrais organiser tout ça. Je suis sérieux. Imagine le nombre d'opportunités que tu rates seulement parce que ce n'est pas connu publiquement qu'un Kowalski a rebattis sa fortune. Et je suis persuadé que tu dois avoir une histoire inspirante! Peut-être que cela poussera d'autres jeunes investisseurs à prendre des risques. Tu pourrais devenir une icône à Equilibrium, un symbole d'espoir. La réussite après l'échec du reste du monde... Une belle métaphore de notre histoire.»
Derrière ces hyperboles se dessine des menaces. Mais pas réellement celles qu'Ilsung a en tête. Pour lui, il ne fait que le pousser à agir. Jusqu'à maintenant, il ne peut que se fier aux paroles de l'autre. Et s'il lui mentait de A à Z? Au fond, il lui demande de prouver qu'il est réellement devenu quelqu'un d'autre. Il ignore qu'il risque de tomber sur des histoires qu'il vaudrait mieux taire. C'est sans aucun doute pourquoi il décide d'aller encore plus loin: «Et tu sais quoi? Si tu n'es pas intéressé à parler directement devant la caméra, je crois bien que je vais me charger de faire des recherches moi-même. C'est un sujet si intéressant, on ne peut pas passer à côté. Ton histoire pourra faire un reportage très intéressant... à la condition que je dompte la mauvaise langue que je suis.»
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2016-03-12, 18:11
En cet instant, tu es presque persuadé que tu t'en est tiré. Tu lui as fait prendre conscience que ta répartie valait la sienne, que tu ne tolèrerais pas que l'on salisse ton nom et que tu as de plus hautes ambitions que les siennes. Tu es plutôt satisfait de toi : il y a quelques années, tu n'aurais sans doute pas été capable d'aller aussi loin, et c'est la preuve que tu as fait des progrès en termes d'argumentation. C'est suffisant pour te faire relativiser et ne pas trop te plaindre du fait que tu es coincé dans l'ascenseur avec lui. Après tout, vu qu'il est devenu ton voisin, il fallait bien qu'à un moment ou à un autre, tu le confrontes. Tu t'en fiches, dans le fond, de déterminer à quel point il est devenu fort. Tout ce que tu constates, c'est qu'il ne voit en toi qu'une victime aisée à manipuler, alors même que c'est devenu ton métier - tu ne peux pas perdre, tu n'en as pas le droit. Si jamais tu ne parvenais pas à le vaincre, cela prouverait seulement à quel point tu es faible et incapable de faire correctement la seule chose que tu peux réussir à accomplir. Tu dois l'emporter. Coûte que coûte.
Tu as déjà réussi à détourner l'attention de toi, ce n'est déjà pas mal.
Malheureusement, tu as oublié qu'Ilsung est d'une intelligence redoutable et qu'il comprend très bien comment se sortir d'une situation délicate. Tu le sens, lorsqu'il te regarde avec insolence : tu as alors conscience qu'il s'est rendu compte de ta manœuvre d'évitement, et qu'il va donc tout faire pour remettre le sujet sur le tapis. Malin. Tu t'efforces de maintenir le même visage, de ne pas bouger, de ne pas laisser transparaître la moindre trace de stress - même si cela t'angoisse un peu, car tu as souvenir de cet Ilsung qui savait comment s'y prendre avec toi, qui t'emmenait là où lui le désirait. Tu aurais tort de croire que de si simples manœuvres auront facilement raison de lui ; et dès qu'il ouvre la bouche, tu te concentres attentivement, par peur de louper un détail qui pourrait t'aider à te défendre. Et tu fais bien ; car sa proposition est parfaitement sensée, subtile, bien amenée - bref, c'est un bon manipulateur, cet homme. Car il a raison, Ilsung : lui-même ne fait pas parler assez de lui. Ilsung a raison, c'est plutôt suspect, et la pire chose qu'il puisse t'arriver c'est qu'Ilsung commence à faire des recherches. Tu es coincé, Côme : tu es obligé de dire oui.
Tu laisses cependant s'échapper un petit rire.
« Ne t'emballe pas, Ilsung. Aussi belle que soit mon histoire, l'ériger au niveau de légende me paraît légèrement exagéré. Ça intéresserait sans doute les gens, mais de là à en faire un phénomène... »
Comme la rêverie d'un enfant qui exagère dans l'espoir de devenir une star un jour. Tu lui fais juste remarquer que sa proposition manque cruellement de réalisme, et tu sais que tu as bien fait. Tu ne deviendras jamais une icône, quand bien même tous tes mensonges étaient vrais. Au moins, cela devrait le calmer un peu, en lui montrant qu'il n'a pas fait preuve d'assez de subtilité. Parce que même s'il te force à dire oui, il ne parvient pas pour autant à t'écraser. Sa tentative est trop... simple. Trop extravagante, aussi. Mentionner la télévision était une bonne idée, mais sa façon d'en prévoir les conséquences manque de réalisme, sans compter cet ajout final, qui montre clairement qu'il veut pousser son avantage.
Ça aurait pu marcher. Avec quelqu'un d'autre.
Toi, au contraire, tu te postes en face de lui, tu t'accroupis, et tu le regardes droit dans les yeux. Tu n'as pas peur. Oh non. Parce que gérer l'opinion que l'on se fait de toi, c'est ce que tu fais à longueur de journée. Et tes défenses sont bien plus développées qu'autrefois. C'est que tu souris, Côme, comme si tu n'étais pas du tout désarçonné par ses paroles - oui, tu as peur, dans le fond, mais tu parviens à le cacher. C'est même encore plus facile à quelqu'un comme lui, car ta volonté de revanche te motive encore plus. Peu importe s'il n'y a rien en jeu : votre fierté suffit largement.
« Si tu pouvais m'organiser une entrevue, donc, j'en serais ravi. Tu as raison, ce serait une véritable opportunité pour moi : je pourrais aisément monter mon chiffre d'affaires avec une recommandation comme la tienne. » Ton ton est ferme, ton regard aussi malicieux que le sien. « Je ne pensais pas que cela t'intéresserait, Ilsung, mais merci de faire attention à moi. Tu es un véritable ami. »
Et tu lui tends la main. A ce stade, il serait malvenu de la refuser : tu vas dans son sens, tu t'attends donc à ce qu'il en fasse de même pour toi. D'ailleurs, à ce stade, une nouvelle idée te vient en tête. Puisqu'il s'intéresse à toi, pourquoi ne pas lui donner ce qu'il désire ? Ce sera toujours plus simple si c'est toi qui contrôles l'information.
« Peut-être pourrions-nous envisager une collaboration professionnelle. Je travaille dans les assurances. »
L'arnarquer ? Oh, non, pas lui, qu'il se rassure : vu qu'il te connaît trop bien, et qu'il est bien trop méfiant, tu ne t'y risquerais jamais. D'autant plus que tu pourrais y perdre gros. Mais tu pourrais le rendre complice ; et pour le coup, l'idée te plaît bien.
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2016-04-07, 22:51
Côme ne croyait pas pouvoir devenir une légende? C'est au tour d'Ilsung de rire dans sa barbe. Après ce qui est arrivé à sa famille, il ignorait encore le grandeur du pouvoir médiatique? Il n'y avait rien de plus facile que de s'acharner sur un sujet pour le rendre populaire. Non, ce n'est pas le public qui choisit ce qui l'intéresse réellement. Les «hot topics» ne deviennent pas populaires uniquement grâce à une certaine audience. C'est parce qu'on en parle qu'ils persistent et viennent à la bouche des millions de téléspectateurs. Avec la bonne présentation, il serait en mesure de ramener le sujet Kowalski sur le tapis pendant plusieurs jours. Il n'exagérait rien. Mais il n'avait pas l'intention de commencer un exposé interminable sur la dynamique de l'information et comment il parvenait à maximiser les profits avec des nouvelles bidons. «Tu sous-estimes la puissance des médias...», réplique-t-il doucement. Et c'est tout. Il laisse le reste filer. Il ne veut pas plus s'attarder sur ce détail.  
Et comme il l'a prédit, la suite se révèle plus intéressante. Beaucoup plus intéressante qu'il ne la prévoyait à vrai dire. Il n'est pas un journaliste, mais il lui était arrivé à quelques reprises de demander à des personnes de passer des entrevues pour la chaîne. Soit il faisait face à une acceptation rapide venant sans aucune doute d'un désir de popularité, soit il se buttait à un refus poli, alimenté par une gêne des caméras et tout autres soucis d'intimité. Contrairement à ce qu'on peut croire, pas beaucoup de gens apprécient étaler leur vie sur les médias. Ils laissent alors le travail aux journalistes de faire leurs recherches, qu'importe ce qu'ils trouveront. Ils n'ont «rien à cacher» et les informations seront moins nombreuses que s'ils se présentent eux-mêmes.
C'est tout le contraire qui arrive pour Côme.
Peut-être que la menace d'une enquête menée par Ilsung l'a effrayé. Ça ne l'étonnerait pas. L'héritier a conscience de sa réputation. En toute honnêteté, il ne laisserait jamais quelqu'un comme lui faire un reportage sur sa personne; il pourrait être sûr de passer par un mauvais quart d'heure s'il n'était pas dans ses bonnes grâces. Peut-être craint-il que le journaliste en herbe n'insiste un peu trop sur la disgrâce de sa famille. Une excuse tout à fait valable. Enfin, quelle importance maintenant, puisque ce cher Côme avait accepté son offre? Il semble même heureux d'avoir saisis cette opportunité. Semble. Ilsung ne veut pas se faire de fausses idées non plus. Il n'est pas différent de l'autre et il sait pertinemment que les mots et les sourires sont menteurs dans leur milieu. D'ailleurs, le terme «ami» grince encore dans ses oreilles.
«N'exagère pas non plus...» amorça-t-il, mais voilà que la main de Côme est déjà tendue. Il a à pousser la note aussi loin? Vraiment? Un bref instant, il se revoit enfant à devoir faire semblant de bien s'entendre avec sa plus jeune cousine pour que les vieux s'occupent de leurs affaires tranquillement. Faire comme si ça ne le dérangeait de se retrouver avec le visage barbouiller de maquillage ou à devoir boire de l'eau froide dans des tasses de thé en plastique toxique en compagnie d'oursons en peluche. Rien de très agréable. Et pourtant... «je peux avoir le cœur sur la main pour mes amis».
Le même sourire honnête tant forcé. La même main qu'il tend à son tour pour sceller un accord, une entente qu'il ne souhaite pas. Un peu plus, il pleurerait. Enfin! Il se fait sûrement des idées! Il s'agit d'une entente entre deux adultes. Il doute d'avoir à retourner dans un univers rose bonbon et complètement ennuyant. Et voilà d'ailleurs que c'est à son tour de recevoir une offre. On oublie le rose bonbon, mais il n'est pas encore certain pour l'aspect ennuyant. Les assurances. Il hausse un sourcil, cette fois-ci curieux.
«Les assurances? Je ne m'en serais pas douté vu...» vu sa situation, mais il évite de compléter sa phrase. Il n'a pas envie de démarrer un nouveau conflit. Il n'a plus d'énergie pour ça, plus du tout. En plus que son ventre commence à se manifester de plus en plus violemment... Pas question de dépenser ses dernières calories en criant. Il préfèrerait passer ces minutes dans le calme. Bon, ce n'est peut-être pas l'idéal de discuter affaires pour demeurer zen, mais c'est mieux que le silence ou la chicane. «Qu'est-ce que tu as en tête au juste?» Il bouge un peu, ramenant ses bras vers lui pour y appuyer son menton. Il scrute l'homme qui lui fait face à la fois intrigué et méfiant. Il ignore qu'il risque de glisser au bout de la route.
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2016-04-10, 21:26
Il est bon, Ilsung. Aussi bon que toi, sans doute - peut-être plus, peut-être moins. Tu ne peux pas vraiment évaluer son niveau, ce n'est pas quelque chose qui se mesure aisément. Mais tu sens qu'il te résiste ; peut-être qu'une part de toi pourrait s'en réjouir. Car oui, cela fait longtemps que plus rien n'est véritablement challenge. Tout devient aisé. Même les requins des affaires, même les plus prudents des particuliers ne se méfient jamais assez de toi. Tu as une tête douce, qui inspire la confiance ; tu t'habilles bien, parle correctement et tu ne sembles pas représenter un véritable danger. Cela dit, tu le menaces peut-être, Ilsung, avec ta façon de réapparaître de nulle part, comme si tu revenais d'entre les morts. Sans doute t'a-t-il cru définitivement enterré en apprenant la faillite des Kowalski. Une occasion d'oublier définitivement qu'il t'a peut-être fait du tort. Que tu aurais peut-être envie de te venger de lui. D'ailleurs, la pensée ne t'est pas étrangère. Tu ne doutes pas que tu le feras, un jour. Quand tu seras prêt. Tu ne vous vois pas devenir ami, à la limite partenaire pour un temps. Tant que vos intérêts coïncident.
Tu as cependant l'impression qu'il te menace un peu en mentionnant les medias. Oh, il n'a pas tort. Les medias, c'est vraiment une épine dans le pied des gens comme vous. Ils se mêlent de ce qui ne les regardent pas, rapportent ce qui devait rester secret. Alors tu lui souris, à Ilsung.
« Je n'oublierai pas. »
Message bien reçu, même si tu ne le prends sans doute pas de la même façon qu'il le voudrait. Tu prends cela comme un rappel de ce hasard qui vient bousculer vos plans et vous empêche de parvenir à vos buts. D'ailleurs, lui-même devrait faire attention. Il n'est pas non plus à l'abri de fausses rumeurs.
Ilsung finit par te serrer la main, mais tu devines sa reluctance. Oh non, il n'en a pas envie, encore moins que toi. Pour le coup, c'est une réussite. Tu aimes le forcer à faire semblant d'être ton ami. Cela dit, tu le sens un peu trop tendu, tu le devines dans la façon dont il te tient la main. Il y a comme une crainte cachée, ou une forme de dégoût que tu associes à l'enfance. Tu ne saurais en dire plus. Pourtant, il se ressaisit assez vite pour laisser traîner un soupçon de mépris de sa voix lorsque tu lui évoques le domaine des assurances. Bien sûr, tu pourrais t'en offusquer. Cela dit, ce n'est pas vraiment ton domaine, ce n'est qu'une façade ; alors tu te contentes d'un regard un peu sévère, mais rapide, pour le corriger.
« Quand tu seras prêt à négocier un nouveau contrat, je te ferai un prix d'ami. Nous avons tous les deux à y gagner. Tu payes moins, et je développe mes affaires. Rien de plus simple, n'est-ce-pas ? »
Presque trop simple, en fait. Pourtant, il n'y a pas de véritable embrouille dans ce que tu proposes. Tu recherches simplement un autre but que celui que tu lui présentes. Tu améliores ta réputation, en te présentant comme quelqu'un de fiable et en gagnant un appui. Et tu ne mens pas : lui aussi y gagnerait, très certainement. Tu soignes ceux qui t'apportent quelque chose. En fait, tu te comportes véritablement comme un ami. Il ne le mérite pas, mais on a besoin d'amis dans ce monde. Et la vengeance ? Plus tard. Tu n'es pas encore de taille à le renverser sur le plan professionnel.
Ce qui ne t'empêche pas de le faire sur le plan personnel, évidemment.
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2016-04-27, 01:41
L'offre est intéressante. Elle est avantageuse. Trop avantageuse. Si parfaite qu'elle sent presque l'arnaque.
Ilsung a peur, c'est la réalité. Ces retrouvailles lui ont remémoré un passé peu glorieux - un passé qui pourrait même faire scandale jusqu'à une certaine limite. Qui voudrait voir à la tête d'une des grandes chaînes d'informations un sale profiteur qui a abusé de la confiance d'un compagnon d'école? Qu'importe s'il n'était qu'un adolescent à cette époque. L'opinion publique est cruelle - il est bien placé pour le savoir - et il est quasi impossible d'obtenir son pardon. Son avenir est entre les mains de ce cher Côme et s'il ne se montre pas plus prudent...
Mais allons, à quoi pense-t-il? Comment Côme pourrait se venger de cette manière? C'est sa famille à lui qui contrôle l'information. Côme n'est rien dans cette machine surhumaine de communication. Il se calme un peu, mais pas totalement. Parce qu'il sait qu'il existe mille moyens de mettre les gens dans les beaux draps, la crainte est toujours présente. Il aurait envie de balayer l'offre d'un revers de la main, ne serait-ce que pour gagner un peu de temps pour bien y réfléchir. Ne serait-ce que pour bien calculer le risque. Mais avec un ventre affamé, ce n'est pas si facile de penser affaires, de peser le pour et le contre de telle décision. Comme si ce n'était pas assez, toute la situation l'a conduit au point où il ne peut rien refuser. C'est vrai! S'il crache sur la main qu'il vient de serrer, il peut dire adieu au traité de paix silencieux qui a été passé. Œil pour œil, dent pour dent. Si Côme a accepté son offre, c'est à son tour de faire de même. N'est-ce pas une première règle de la diplomatie? Oui, voilà ce qu'il faut faire. Jouer avec les mots, gagner un peu de temps pour ne pas tomber dans des brèches imprévues - même si le coup semble assez sûr. Il décide de prendre le risque et se lance.
«J'admets que c'est fort intéressant ce que tu me dis là. Mais ce serait aussi simple que ça? Vraiment?» Il laisse un court silence passer et il scrute attentivement Côme. Il n'a pas besoin d'une réponse verbale pour juger du sérieux d'une offre. Et il n'a pas envie de le voir reculer sur sa position. L'hésitation n'est jamais bonne en affaires, que ce soit pour un parti ou l'autre. Il continue sur la même ligne: «Je t'apporterai des documents pour officialiser la chose dès que je retournerai au travail. En attendant...»
Retour à la réalité. Ils sont toujours enfermés dans cette boîte suspendue à au moins quelques dizaines d'étages du sol. Ilsung soupire. Dans le même temps, il essaie d'étirer ses bras et ses jambes avant de retrouver une position assise digne d'un mollusque. D'un mouvement lâche, il étend son bras pour appuyer une énième fois sur l'interphone.
Un grésillement. Un espoir. Une seconde plus tard, c'est un grincement qui se fait entendre. La lumière se met à clignoter.
La peur qu'Ilsung venait tout juste de vaincre s'immisce à nouveau en lui. Il grogne, à défaut de gémir, et serre ses jambes contre lui. Ses yeux parcourent rapidement le plafond et le sol, comme s'il tentait de déterminer d'où provenait le problème. Qu'est-ce qui allait lâcher en premier. Il marmonne quelques paroles incompréhensibles contre ses genoux, oubliant totalement la présence de Côme.
«... je vais quand même pas mourir ici j'espère...»




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2016-04-28, 21:11
Tu commençais presque à désespérer de garder la maîtrise de la situation ; mais enfin, la réaction d'Ilsung correspond à tes attentes. De la méfiance. Voilà précisément ce que tu espérais, ce sur quoi tu comptais, ce qui rend les choses un peu plus faciles, sans les rendre aisées pour autant. Tu n'oublies jamais qu'il a été manipulateur avant toi : cela se ressent encore dans son attitude, dans sa façon de conserver tes distances avec toi, dans ses tentatives plutôt peu maladroites de t'écraser sous sa superbe. Il n'est pas homme à reculer sans combattre, et toi non plus. Est-ce vraiment de l'inimitié qui teint vos rapports, est-il possible qu'une part de toi le considère comme un rival à ta mesure, n'attendant plus que sa reconnaissance ?
Tu lui lances un sourire amusé ; il serait presque naïf, Ilsung, et tu comptes bien le lui dire.
« Voyons, bien sûr que rien n'est vraiment simple en affaires. Tendre la main à un ami, oui. »
Énigmatique assertion que voilà, Côme. Laisserais-tu tomber le masque quelques instants ? Lui montrant ainsi que tu as parfaitement conscience des implications de ta proposition et du bien fondé de ses doutes ? Qu'au final, il n'a pas besoin de chercher bien loin pour deviner tes véritables motivations ? Tu es certain qu'il y a pensé, à la vengeance. A cette revanche que tu désires prendre sur lui. Elle t'est nécessaire non parce que tu souffres de ton humiliation - même si c'est vrai -, mais parce que tu as besoin de surpasser chaque obstacle qui t'a un jour barré la route. Donc lui. Alors lui tendre la main, oui, c'est simple. Parce que si tu peux te servir de lui pour te hisser au sommet, tu le feras. Jusqu'à ce que tu te trouves le moyen de te débarrasser de cette béquille gênante.
(Mais ça veut dire que sinon, tu la gardes à tes côtés.)
Peut-être que tu mens, Côme. Peut-être que c'est simple à tes yeux, mais que tout est trop complexe. Tes désirs contradictoires. Tes espoirs paradoxaux. Au fond, tout ce que tu désires ne se résume qu'à une seule et unique chose. Un nom simple. Quatre lettres qui, assemblaient, parviendront un jour à faire battre ton cœur. Même si tu ne le sais pas encore.
Le fait est qu'il te dit oui, et c'est tout ce qui importe. Tu acquiesces, et tu le laisses tranquille. Ou du moins, tel en était ton intention. Tu es toi-même un peu agacé par la tournure des évènements, car il est certain qu'à choisir une personne avec laquelle rester bloqué dans un ascenseur, Ilsung figure tout au bas de ta liste. Tu le laisses s'amuser à appeler à nouveau des secours qui, de toute façon, arriveront quand ils arriveront. Parce que tu as rejoint la lie de la société pendant quelques temps, tu as fini par apprendre que certaines choses sont inéluctables. Que l'on ne peut pas tout exiger de n'importe qui. Ce à quoi tu ne t'attendais pas, c'est la soudaine peur qui envahit Ilsung alors que la lumière vacille. Et tes lèvres se retrouve.
Gamin pourri gâté.
Ah, pour la première fois de ta vie, tu te réjouis d'être tombé plus bas que terre.
Tu commences aussi à comprendre le regard qu'Alex a pu porter sur toi à certains moments. Vos comportements, à vous les gens de la haute, vous les gens qui vivaient sur un piédestal, sont peut-être ridicules aux yeux des autres. Démesurés face aux drames de l'existence. Alors tu t'agenouilles face à lui et, d'une voix très douce, tu murmures :
« Ilsung... »
Tu ne pensais pas être capable d'imiter un ton aussi mielleux en prononçant son prénom. Cela te dégoûte presque, mais cela fait partie du jeu. Tendre la main, pour mieux la retirer au dernier moment. Car c'est d'une voix un peu moqueuse que tu poursuis :
« Personne ne va mourir dans cet ascenseur. Ce n'est qu'un minuscule incident que les techniciens sauront résoudre en un rien de temps, une fois qu'ils arriveront. De quoi as-tu peur, au juste ? Oh, bien sûr, c'est vrai. Les incidents de parcours, toi, tu ne connais pas. »
Et tu laisses ta voix mourir sur une note de mépris que tu ne peux - et ne veux - pas éviter.
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2016-05-10, 21:28
Quelles seraient les chances de commettre un meurtre sans se faire prendre dans un ascenseur bloqué? 0.01%. C'est quasi improbable, Ilsung le sait. Il y a trop de problèmes, trop de variables qu'il ne peut pas contrôler avec satisfaction. Il faudrait d'abord qu'il parvienne à trouver comment s'échapper de l'ascenseur après; et c'est encore s'il parvenait à trouver une manière de tuer sans laisser de trace. Dommage, son ADN est partout dans la petite boîte de fer - et pour la première fois de sa vie, il se surprend à maudire le système de surveillance d'Equilibrium. Ça ne l'empêche pas d'y songer sérieusement un instant. Ça lui fait du bien. Penser à la violence pour s'empêcher de tomber trop bas, pour hisser une dernière barricade devant Côme qui profite de la situation.
Une chose est certaine, s'il ne cède pas à la violence, ses yeux, eux, transmettent très bien cette impulsion lorsqu'il les darde sur son opposant.
Quelque chose finit par craquer en lui. La notion de patience ne lui rappelle plus rien. Il a l'impression d'avoir usé tout ce qui lui restait d'énergie à essayer de maîtriser la situation, mais de toute évidence, cela ne menait à rien. Il en avait marre, marre d'avoir à défendre, marre de garder la face, marre de se battre contre Côme alors que, merde, tout ce qu'il voulait ce soir c'était manger des sushis bien affalé sur son divan, il aurait peut-être même dormi là, au diable!
Il abandonne. Il laisse tomber la diplomatie. Il ne lui reste plus qu'à jouer bas. Il ne se rend pas compte de ce choix. Il n'a même pas conscience de sa voix lorsqu'il débite un flot de paroles: «Ah oui, vraiment, merci. Ça me rassure beaucoup ce que tu dis là. Il est clair que les incidents de parcours sont totalement liés aux peurs. C'est parce que je n'ai jamais du faire face à une faillite ou un échec écrasant que j'ai peur d'une chute d'une centaine de mètres. Je devrais peut-être consulter. Ou bien non, semblerait-il que j'ai déjà un psychologue face à moi. Freud-Kowalski, est-ce aussi à cause de la relation avec ma mère que je suis en train de péter les plombs?»
Ce qui avait commencé avec un détachement total se conclue sur la même note de mépris qui a causé cette réaction. Un rictus mauvais contracte subtilement un coin de sa bouche. Il ne s'attend pas à une réponse - il n'en veut pas et il vaudrait mieux qu'il n'en ait pas pour éviter qu'il ne saute à la gorge de son adversaire.
Il déplie ses jambes, voulant forcer Côme à s'éloigner de lui. Un grincement sinistre juste au-dessus d'eux suffit à le faire arrêter à mi-chemin, ses genoux pliés à quatre-vingt-dix degrés. Il adopte une expression agacée, énervé par cet ascenseur qui le fait paniquer ou lui-même et ses peurs irrationnelles. Qui sait? Il s'est senti déjà assez humilié comme ça, il n'ose pas imaginer tous les pots cassés qu'il devra essayer de recoller devant Côme. Heureusement qu'il n'y avait que lui pour le voir perdre la face.
Ilsung se surprend alors à penser: «Espérons que je lui offre un assez bon spectacle pour qu'il n'ait pas envie de se venger.»




I'm not sorry.

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